Entre nous, je ne suis pas végétarienne. Je mange encore du poulet de temps en temps, et je ne vais pas te faire croire le contraire pour paraître plus cohérente. Mais il y a deux ans, j'ai commencé à mettre beaucoup plus de repas végétariens dans ma semaine, presque sans m'en rendre compte. Aujourd'hui c'est majoritaire chez moi. Et si tu hésites encore à t'y mettre, je pense sincèrement que tu devrais essayer, pas parce qu'un magazine te le dit, mais parce que ça a changé des trucs concrets dans mon quotidien.
Petit rappel sur qui je suis : ancienne vendeuse en boutique, aujourd'hui community manager, un chat qui déteste ses cintres, et un budget qui n'a jamais été extensible. C'est important pour comprendre pourquoi j'ai basculé.
Le déclic, ce n'était pas l'écologie
Je vais être honnête. Ce n'est pas une prise de conscience environnementale qui m'a fait changer, même si j'y pense davantage maintenant. C'est mon relevé de compte. À l'époque de la boutique, avec un salaire de vendeuse et des fins de mois qui arrivaient le 20, j'ai calculé un mois entier mes courses. Le poste viande représentait presque un tiers de mon budget alimentaire. Un tiers, pour ce qui finissait souvent en steak haché fade parce que je n'avais ni le temps ni l'envie de vraiment cuisiner.
J'ai remplacé deux dîners par semaine par un plat de lentilles ou un curry de pois chiches. Rien de révolutionnaire. Mais au bout du mois, la différence sur mon compte était réelle. Ce n'est pas anecdotique quand tu comptes chaque euro.
Ce que ça a vraiment changé dans mon assiette
Ce que je n'avais pas anticipé, c'est le plaisir. Je m'attendais à manger plus fade, plus triste. C'est l'inverse qui s'est produit. Un plat végétarien, quand il n'essaie pas de copier la viande, va chercher ses saveurs ailleurs : les épices, les herbes fraîches, les textures qui craquent ou qui fondent. Un dahl bien épicé, avec du gingembre frais et un filet de citron à la fin, ça n'a rien à envier à un poulet basquaise. Ça m'a même rendue plus créative en cuisine, alors que je n'ai jamais été une grande cuisinière.
Il y a eu des ratés, évidemment. Mon premier steak végétal maison, une masse informe de haricots rouges qui s'effondrait à la cuisson, mon chat a eu plus de chance que moi ce soir-là avec les restes. Mais j'ai vite compris qu'il fallait arrêter de vouloir imiter la viande et composer autrement.
Le mythe des protéines qui m'énerve un peu
Je vais te donner mon avis, franchement : cette panique généralisée autour des protéines quand on parle de repas sans viande, je trouve ça exagéré. On dirait que dès qu'on retire un steak d'une assiette, tout le monde s'affole pour savoir comment tu vas survivre. Dans ma vie de tous les jours, avec des légumineuses, des œufs, du fromage et un peu de tofu, je n'ai jamais eu l'impression de manquer de quoi que ce soit. Ce n'est pas plus compliqué que ça, une fois qu'on a pris le pli.
Ce que je te dis là, c'est mon vécu, pas un avis médical. Si tu as une pathologie particulière, une grossesse, ou un suivi spécifique en cours, je ne jouerai jamais à la diététicienne : parles-en à ton médecin ou à un·e diététicien·ne, ce n'est pas mon terrain et je préfère te le dire clairement plutôt que d'improviser.
Pourquoi je n'ai jamais voulu devenir 100 % végétarienne ?
Voilà un truc que je pense vraiment : il n'y a pas une seule bonne façon de manger, et je déteste qu'on te fasse croire l'inverse. Que tu sois flexitarienne trois soirs par semaine, végétarienne stricte ou que tu manges de la viande tous les jours, ce n'est l'affaire de personne d'autre que toi. Moi, je garde un peu de viande parce que ma grand-mère à Saint-Étienne fait un poulet aux morilles dont je ne me passerai jamais, et parce que je n'ai aucune envie de me priver de ce moment-là avec elle. Le repas végétarien, dans ma vie, c'est un choix majoritaire, pas un dogme.
Et franchement, je pense que c'est cette souplesse qui m'a permis de tenir dans la durée. Les débuts trop stricts, je les ai vus craquer chez plusieurs amies qui voulaient tout changer d'un coup. Deux semaines plus tard, elles avaient tout abandonné, écœurées par la contrainte.
Ce qui m'a vraiment aidée à tenir
Concrètement, j'ai commencé petit. Un dîner sans viande par semaine, puis deux, puis trois. Je n'ai jamais essayé de faire l'inverse d'un coup de baguette magique. Et j'ai arrêté d'acheter des produits transformés hors de prix qui essaient d'imiter la viande, ces steaks végétaux industriels qui coûtent une fortune pour un goût souvent décevant. Un bon curry de légumineuses fait à la main, avec des épices, ça me nourrit mieux, ça me coûte moins, et franchement ça a bien meilleur goût.
Le repas végétarien, pour moi, ce n'est pas une punition ni une preuve de vertu à montrer sur les réseaux. C'est juste devenu une évidence dans mon quotidien, à mon rythme, avec mes ratés inclus.
Toi, qu'est-ce qui te retient encore, si tu y penses ? Le goût, le temps, l'habitude ? Ça m'intéresse de savoir.


