Ce que j'ai appris à vivre avec l'eczéma du visage, sans jouer au docteur

Ce que j'ai appris à vivre avec l'eczéma du visage, sans jouer au docteur

Ce que j'ai appris à vivre avec l'eczéma du visage, sans jouer au docteur

Il y a deux ans, j'ai eu des plaques rouges qui démangeaient sur le front et autour des yeux, en pleine semaine où j'enchaînais les stories pour la marque que je gérais à l'époque. Autant te dire que le fond de teint n'a strictement rien arrangé. Je me suis dit « ça va passer », comme on se dit toujours ce genre de choses. Ça n'est pas passé tout seul.

Alors on va être clair tout de suite, toi et moi : je ne suis pas dermato, je ne diagnostique rien, et je ne te dirai jamais quelle crème de prescription utiliser. Ça, c'est le boulot du médecin, et je ne jouerai jamais à ça. Ce que je peux te raconter, en revanche, c'est ce que ça fait de vivre avec de l'eczéma sur le visage, ce que j'ai changé dans ma routine, et pourquoi j'ai fini par arrêter de faire l'autruche.

Le visage, c'est le pire endroit pour ça

Sur le bras, une plaque d'eczéma, tu la caches sous une manche et tu n'y penses plus de la journée. Sur le visage, impossible. Tu la vois à chaque miroir, à chaque appel vidéo, à chaque fois que quelqu'un te regarde un peu trop longtemps dans le métro. J'ai bossé quatre ans en boutique avant ça, à conseiller des clientes sur ce qui les mettait en valeur. Je peux te dire que la confiance en soi, ça se joue beaucoup sur ce qu'on voit dans la glace le matin.

Ce que je ne savais pas, avant d'y passer moi-même, c'est que l'eczéma du visage n'a pas une seule cause. Il peut venir d'un terrain atopique, une peau qui réagit trop fort par nature, ou d'un contact précis avec un truc auquel tu es allergique. Une nouvelle crème, un bijou, une teinture. Dans mon cas, mon dermato a fini par pointer un soin que j'utilisais depuis des mois sans souci... jusqu'au jour où non. La peau, ça peut changer d'avis sans prévenir.

Ce que j'ai arrêté de faire

Le grattage, déjà. Je sais, facile à dire. Mais plus je grattais, plus ça s'irritait, plus ça devenait visible, et plus j'avais envie de gratter. Le cercle classique. J'ai aussi arrêté de camoufler sous une couche de maquillage les jours de poussée : ça retarde tout, ça n'aide en rien, et la peau a juste besoin de respirer, pas d'un fond de teint dessus.

J'ai changé mon eau du robinet contre de l'eau thermale pour le rinçage, sur les conseils de mon dermato, pas parce que je l'ai lu quelque part et décidé que c'était magique. Et j'ai troqué mon savon habituel contre un lait nettoyant, sans parfum, sans alcool. Ça coûte parfois moins cher que le gel douche à la mode que j'utilisais avant, la honte du placard de salle de bain, celui-là.

Concrètement, voilà ce qui reste dans ma salle de bain aujourd'hui, et rien d'autre :

  • un lait nettoyant doux, sans savon, pour le visage matin et soir
  • une eau thermale en spray pour rincer sans agresser
  • un émollient hydratant, tous les jours, poussées ou pas
  • zéro parfum, zéro huile essentielle, zéro « nouveauté » sans en parler d'abord à mon dermato

Le vrai réflexe, c'est le dermato

Là-dessus je ne transige pas. Si tu as des plaques qui persistent, qui démangent fort ou qui reviennent, va voir un médecin ou un dermatologue. Pas dans six mois, maintenant. Un traitement adapté et pris tôt évite bien des galères, et lui seul peut te dire si c'est de l'atopique, du contact, ou autre chose qui y ressemble comme du psoriasis ou de la rosacée. Moi je peux te raconter mon quotidien avec, pas te prescrire quoi que ce soit.

Ce que je fais, en dehors des poussées : hydrater tous les jours, sans exception, avec un émollient pensé pour peau sensible. Mon chat renverse régulièrement mon pot de crème sur le rebord de la baignoire, c'est notre rituel du soir. Et j'évite de rajouter des ingrédients « en plus » à ma routine sans en parler d'abord à mon dermato : huiles essentielles, parfum, actifs à la mode. Ma peau n'a pas besoin de nouveauté, elle a besoin de calme.

Vivre avec, pas contre

Ce qui m'a le plus aidée, ce n'est pas un produit miracle. C'est d'arrêter de me juger pendant les poussées. Une peau qui réagit, ce n'est pas un échec personnel, et ce n'est certainement pas la preuve que tu prends mal soin de toi. J'ai toujours cette photo prise un jour de poussée bien visible, prise pour rire avec une copine, où on dirait que j'ai couru un marathon en plein hiver. Aujourd'hui je la trouve presque attachante.

Si toi aussi tu galères avec des plaques sur le visage, commence par le dermato, garde une routine simple, et ne culpabilise pas pour le reste. Tu en es où, toi, avec ta peau en ce moment ?

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